Le grand renouvellement ? – Edito politique #1

12 juin 2017

France, Politique

Depuis hier, tout le vocabulaire climatique y passe : raz de marée, typhon, cyclone… Ce qui est certain, c’est qu’au lendemain du premier tour des législatives, certains ont les pieds dans l’eau. La tempête Macron – qui n’était perçue que comme une bulle – est désormais en passe d’envahir l’hémicycle. S’il y a trois points à retenir de ce suffrage, ce sont les suivants : la faible participation, le succès de la majorité présidentielle et l’envie de renouvellement.

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Tout d’abord, la participation. A 48,71 %, il s’agit d’un taux historiquement bas : le plus faible de la Ve République. Signe de fatigue démocratique, l’abstention souligne un ras-le-bol électoral qui s’accentue chez certaines franges de la population : deux jeunes sur trois ne sont pas allés voter, deux ouvriers sur trois se sont abstenus. Du côté des électeurs Front National (FN) à la présidentielle, seuls quatre sur dix se sont déplacés aux urnes hier.

Ensuite, le vote La République en Marche ! (REM) : 32,32 % (avec les voix du MoDem). Un taux surprenant : il y a encore un mois, beaucoup de dirigeants de l’opposition se voyaient premier ministre en juin. Mais les forces d’opposition de la présidentielle n’ont pas su peser : le FN est fracturé, les Insoumis ont voulu jouer cavalier seul à gauche, les LR sont piégés par la stratégie gouvernementale de Macron et les socialistes sont victimes du grand « dégagisme ».

Enfin, le grand « turnover » que délivre ce premier tour : dans au moins 60 % des circonscriptions, le député élu ne sera pas celui qui était en poste depuis 2012. Au fur et à mesure de la soirée, les têtes tombent : Hamon, Duflot, Filippetti, Fekl… Tous anciens ministres de Hollande et éliminés dès le premier tour. Quarante-six ans jour pour jour après son congrès fondateur, le PS essuie la pire défaite de son histoire en ne remportant que 7,44 % des suffrages. Il y a cinq ans, il obtenait 40 % des voix. Cette crise ne touche pas que le PS : malgré sa percée récente et son accession au second tour de la présidentielle, le FN n’aura pas de groupe à l’Assemblée. Le parti de Marine Le Pen obtient même 600 000 voix de moins qu’en 2012, de quoi accroître les tensions internes qui le fissurent. La France insoumise, quant à elle, n’a pas su capitaliser les espoirs de la présidentielle – sans doute en raison d’un excès de zèle de son leader.

Une tendance se confirme : les partis historiques sont en crise. Une autre dynamique surgit de ce scrutin : les extrêmes se tassent et les électeurs qui se sont déplacés – par cohérence, fatigue ou désir de stabilité – font plébiscite pour La République en Marche ! en donnant au président Macron un pouvoir quasi plein puisque son mouvement sera fort de 400 à 455 sièges sur 577. Reste à savoir si cet érosion des oppositions par le peuple lui-même va faciliter le renouvellement attendu ou, au contraire, empêcher la démocratie de s’exprimer.

Hippolyte Radisson

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